La figure du religieux dans les Misérables

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Peu de romans ont influencé les sphères sociale et affective comme l’a fait le célèbre roman de Victor Hugo, Les Misérables. En effet, ce dernier, arpentant avec minutie et cependant moult circonvolutions la vie d’un seul homme, Jean Valjean, présente une floraison d’aspects, des aspects pleinement humains et des aspects caractérisés par quelque chose du registre de l’occulte, du monde du mystère. Ce sont à ces derniers aspects que nous allons tenter de nous raccrocher dans cette courte analyse. Mais avant que de commencer il faut souligner un point essentiel : la subordination du domaine du social au domaine de la croyance. En effet, le social est largement influencé et même fondé par le Croire, domaine assez large et sous lequel on peut ranger les religions et les superstitions. Or, qui mieux que Monseigneur Myriel représente cette étrange sphère voire même ce territoire presque inatteignable qu’est le religieux ? Nous allons tenter, grâce à une analyse précise, de comprendre la figure du religieux dans les Misérables. Pour ce faire, nous allons essayer de saisir précisément l’essence du caractère de Monseigneur Myriel et de trouver la nature de la croyance prônée par ce roman.

Tout d’abord nous devons souligner que le XIXème siècle fut un siècle riche d’expériences politiques pour la France ainsi que pour de nombreuses puissances européennes. Or, l’irruption de ces expériences politiques a presque toujours signifié la déroute et la mise à l’écart de la religion. Ainsi, afin de combler ce manque, cette lacune ontologique, il a fallu, en quelque sorte, injecter dans la société, quelque chose de l’ordre du religieux, quelque chose relevant d’une éthique communautaire globale ressemblant en tout point ou peu s’en faut, aux prescriptions de la religion. En d’autre termes, la disparition de la Vérité engendre l’apparition d’une morale, plus ou moins valable sur le long terme, mais souvent acceptée par le sens commun. L’on peut dire que Monseigneur Myriel incarne clairement cette morale, cette découverte d’un dieu pour le protagoniste principal. Il est vrai que Monseigneur Myriel marque, on ne peut le contredire, une nouvelle étape, un changement profond, une espèce de métamorphose du soi pour Jean Valjean mais ne le mène point à un complet bonheur, à une pleine réalisation, la mort se profilant au bout du chemin, une mort physique sans affirmation réelle de l’Un dans le monde des vivants, dans le monde de l’Existé. Mais ne nous abluons pas dans un ruisseau par trop platonicien et tentons plutôt d’observer concrètement les étapes de la vie du personnage principal, avant, pendant et après sa rencontre avec Monseigneur Myriel. Si l’on y regarde d’un peu plus près, l’on peut constater que la vie de Jean Valjean avant la rencontre avec cet ecclésiastique, était une vie placée sous le signe de la faute, du moins au sens légal du terme, dans la mesure ou la Loi interdit d’une manière stricte le vol, quel que soit sa nature et sa portée. De plus, sa rencontre, un soir de faim, un soir de froid, avec Monseigneur Myriel, marque déjà l’apparition d’un pathos non dénué de taches hétérodoxes. En effet, il est dans la nature de l’homme bon d’apprécier un bien quand il se trouve dans le besoin. Il serait donc injuste de dire qu’en acceptant le repas de Monseigneur Myriel, Jean Valjean remercie un dieu auquel il ne croit pas et en lequel il ne croira pas non plus dans l’avenir. Bien au contraire, il ne fait qu’adorer une bonté déterminée, humaine et donc inscrite dans le fini.

Cependant la rencontre de ces deux personnages est bien trop importante et signifiante pour s’arrêter en cours de route. L’on peut, ce me semble, se rapprocher de la vérité en disant que Jean Valjean est étonné de la bonté de cet homme de Dieu, ce qui nous rapproche du concept du Sublime et non du Beau. A la manière de certaines plantes entomogames ayant besoin d’un insecte au moment de la pollinisation, Jean Valjean a eu besoin d’un agent extérieur, d’un tiers, de l’Autre, en l’occurrence un prêtre, pour parvenir à cerner un peu plus la sphère d’un pseudo-sacré. Ce qui voudrait dire que le protagoniste principal ne croyait ni en l’homme ni en Dieu et qu’à ce moment, un déclic s’est produit, une sorte de conversion non point de l’âme mais du simple sentiment. Bref, en voulant, peut-être, défendre une thèse d’un possible salut divin, l’auteur en arrive à exprimer un humanisme plein mais limité. La rencontre entre les deux hommes peut donc être métaphorisée comme la rencontre d’un ange perdu, Monseigneur Myriel et d’un diable en manque de conversion, Jean Valjean. Ainsi, ce dernier n’est qu’ébloui par la beauté de « l’ange » mais n’adhère point ou du moins n’épouse pas totalement une véritable synthèse, une authentique soumission à un ordre divin. Ceci peut être étayé par le fait que Jean Valjean découvre le bien, au sens vulgairement humain du terme, seulement au moment où on le lui présente sur un plateau doré, c’est-à-dire au moment de cette superbe rencontre entre ces deux créatures prétendument différentes. Mais, alors, qui est Monseigneur Myriel ? L’on peut interpréter cette personne comme la figure de la religion, c’est-à-dire comme un sorte de vivant reliquat d’orthodoxie chrétienne et de lumière divine dans un monde bel et bien fini, ou bien d’une manière peut-être plus prosaïque mais plus pragmatique, comme une figure du religieux, c’est-à-dire comme simple ombre de la sphère religieuse. Il semble plus judicieux de se soumettre à la seconde hypothèse. Pourquoi ? Parce que Monseigneur Myriel croit en un Dieu créé, un Dieu existancié et déterminé. Il y a donc une sorte d’hétérodoxie du cœur et de la raison dans le raisonnement de ce membre de l’Église. Par conséquent, Dieu est source de savoir et non pas de connaissance, il est objet de ce monde, de ce bas monde, dirigeant avec plus ou moins de rigueur et de justice. Pis encore, il est presque comme inventé par l’homme, et d’après ce modèle, il finira bien par apparaître un jour où l’autre, par pur hasard.

Jean Valjean est comme le titre du roman l’indique, un misérable, au sens social, moral et même religieux du terme. Il ne quitte pas l’épluchure de son passé mais vit avec ses fantômes et ne fait que changer de veste, de chemin. Il était hors-la-loi, du moins juridiquement parlant, sa rencontre avec ce religieux a fait de lui l’adorateur d’une source de vie, mais de vie mondaine. La fin du roman, elle-même, est assez triste et est empreinte de la rencontre avec l’ecclésiastique. Car sans cette rencontre, il n’y a pas de pathos et sans pathos il n’y a pas de Misérables à proprement parler, mais, toujours au sens juridique du terme, des bandits et des voleurs. Monseigneur Myriel, symbolise comme son nom l’indique, et si l’on fait appel à l’onomastique, l’expression d’une myriade (Le nom Myriel étant proche du substantif « myriade »), d’une multiplicité du credo religieux, d’une interprétation plus qu’erronée de la Vérité. Enfin, la figure du religieux dans les Misérables pourrait être entrevu à travers le prisme d’une croyance plutôt hétérodoxe, croyance qui amènerait à voir le monde comme une somme d’injustices accumulées par le temps et ayant pour seul remède et repos la mort, au sens d’un simple retour à l’inorganique.

Zac Egs

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Phèdre ou le manque

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L’année mille six-cent soixante-dix-sept vit l’apparition d’une pièce de théâtre à la fois subtile et complexe : Phèdre. C’est une pièce d’une originalité certaine dans la mesure où l’on peut y déceler un savant mélange de tragédie et d’élégie. Inspirée des écrits d’Euripide et revisitée par Racine, elle connut un incroyable succès à une époque où la pruderie et même une certaine pudibonderie étaient assez communes. En d’autres termes, ce genre d’intrigue aurait pu éliciter l’ire de censeurs trop zélés et choquer l’opinion publique. Chose très intéressante d’ailleurs, c’est cette même année que Racine décide de renouer ostentatoirement avec le domaine du religieux, au sens social du terme. Certains critiques se sont même aventurés à dire qu’il désirait renouer avec le jansénisme en écrivant Phèdre. Nous allons tenter d’extraire le quotient tragique de cette pièce tout en considérant la manière dont on peut la rapprocher du Classicisme.


Tout d’abord nous constatons que cette pièce de théâtre a pour thème fondamental l’inceste, thème très récurrent dans de nombreuses tragédies, et ce au même titre que le meurtre et la trahison. Ainsi la tragédie racinienne reprend, avec quelques nuances notables, certains principes tirés de la Poétique d’Aristote. D’après les intemporels préceptes d’Aristote, une véritable tragédie se doit d’exalter pleinement le pathos, c’est-à-dire engendrer une sorte de peur, un effroi et en même temps une espèce de pitié dans l’esprit du lecteur ou du spectateur. C’est donc un processus thérapeutique au sens plein du terme puisque c’est grâce à ce que le lecteur ou le spectateur peut ressentir qu’il va être capable de corriger un éventuel soubresaut intérieur. Mais au-delà de cet aspect thérapeutique, il y a tout un didactisme. En effet, de cette pièce se dégage un enseignement, une espèce de moralité. Le spectateur pourra, grâce à l’impressionnante persistance mémorielle des personnages et des actes de ces derniers dans l’esprit humain, dompter ses passions et ses volitions. Cette pièce est une authentique tragédie dans la mesure où elle suit assez fidèlement le déroulement habituel d’une tragédie décrite comme classique. L’héroïne est, et ce de toute éternité, la véritable et unique dépositaire de ce que l’on appelle l’hamartia, concept que l’on pourrait s’aventurer à définir comme un genre de défaut tragique originel contre lequel elle se trouve dans l’incapacité de lutter, une sorte d’entrave. Elle éprouve pour Hippolyte, son beau-fils, des sentiments pluriels car elle ressent une attirance pour cet homme qui n’en est pas moins le fils de Thésée, son mari, ce qui engendre une certaine culpabilité, principe capital dans une tragédie car sans culpabilité il n’y a pas de manque et sans manque, il n’y a pas d’action tragique au sens strict du terme. Néanmoins, il serait trop simpliste de décrire cette affection comme un amour vulgaire et incestueux. L’on pourrait, éventuellement, se permettre de décrire ce rapport hautement passionnel comme une déterritorialisation sentimentale continue. Puis nous constatons une sorte de poussée, de montée en puissance. L’action tend à se préciser. C’est également une période de profonde interrogation pour le spectateur. Soudain la tension a une certaine propension à culminer, c’est l’action ascendante. Ensuite on atteint le summum de l’action, un apex souvent dangereux pour l’héroïne. Tout est à son comble, le mal est fait ou en d’autres termes le sort en est jeté. C’est le moment d’une sorte de dramatique ascension, un moment fatidique, chargé d’une incomparable solennité. Nous observons ensuite un terrible revers de fortune, quelque chose que l’on pourrait interpréter comme une image voilée de l’hamartia et qui prouve que l’ire divine a d’ores et déjà été enclenchée. C’est le moment où s’exerce pleinement et clairement ce que l’on appelle la peripeteia. C’est alors que la pièce touche à sa fin, Phèdre sera amenée à se repentir et à s’engager dans une phase très importante, l’anagnorisis. C’est le moment où, véritablement consciente de sa faute, l’héroïne voit à nouveau ses actions défiler devant elle. Ce processus est comparable à une sorte de flash-back de la conscience, comme la lente réactivation d’un cruel et coupable passé. En dernière instance, nous sommes les témoins d’une catastrophe ou plutôt d’un évènement à connotation réellement tragique. Phèdre, toujours humble tributaire de ses affects, a été inexorablement fourvoyée par ses passions profondes et ses volitions. Elle doit payer une espèce de dette morale en sacrifiant son corps. C’est une phase de profonde expiation. Elle se voit contrainte de mourir. La mort de Phèdre s’apparente à un dépouillement catégorique, une sorte de processus hautement purificateur découlant d’un désarroi originel. C’est bien la seule échappatoire possible pour cette héroïne du destin.

Mais quelle est donc l’intention philosophique inhérente à cette pièce ? On sait que, d’après la préface de Bérénice, le but premier et essentiel de Jean Racine était de plaire et de toucher. Il s’agissait plutôt de caresser aveuglément les lubies d’une classe dirigeante mécène que de respecter scrupuleusement des idéaux de beauté et de théorie littéraire. Néanmoins, même si le but de Racine n’était peut-être pas seulement de mettre en valeur le beau et le bien à travers ces œuvres aux caractères multiples, les valeurs de l’aristocratie et celles promues par la littérature de son temps n’étaient pas toujours incompatibles. Ainsi le mal est souvent terriblement châtié. L’ordre divin est toujours respecté et finit par triompher clairement de la dualité de notre monde. Mais il serait faux de dire que les contextes historique, politique et religieux n’ont pas joué un rôle prépondérant dans la réalisation de Phèdre, le classicisme s’inscrivant dans une optique favorisant la moralité, la pruderie et même une certaine préciosité. Le thème principal reste l’inceste, c’est-à-dire une grave espèce de transgression de l’ordre divin, ce qui provoquera inexorablement la nemesis, le courroux divin. Racine a certainement voulu écrire une adaptation des grandes tragédies de l’Antiquité grecque et nous présenter le travail d’un véritable puriste de la tragédie. Le dénouement est souvent très violent dans ses pièces et c’est bel et bien le cas dans Phèdre. De plus la violence est utilisée dans cette pièce comme un outil afin d’accentuer toute la profondeur et l’importance de l’action. Il y a même, malgré toute l’emphase des paroles que l’on peut entendre une certaine parrêsia, une franchise du langage, un certain courage de l’expression. Le Classicisme peut être interprété comme un courant littéraire occidental qui a dominé le monde de la littérature du dix-septième siècle français mais les notions de Classicisme et de tragédie classique restent malgré tout indissociables. Racine a voulu communiquer son ardeur à ses œuvres, on ne peut disjoindre l’homme de son œuvre. On sait que Racine avait un caractère assez impétueux et a injecté toute cette impétuosité et cette profondeur dans son œuvre. Son attentive lecture des Anciens l’aida considérablement pour trouver des sujets de tragédies viables. On soulignera également l’élégance des sentiments, la beauté de l’écriture et l’extrême finesse du raisonnement. On peut rattacher Phèdre au Classicisme car l’on y retrouve quelques principes fondamentaux : un temps, un lieu et une action. C’est à travers cette robuste unité que se construit la structure de la pièce. La passion, en tant que feu noétique intégral, tient une place prépondérante dans cette tragédie qui engage l’apparition d’autres notions telles que la peur et la pitié. C’est pourquoi on peut aisément observer que l’exaltation du pathos est le but de cette pièce de théâtre aux multiples facettes. La catharsis est ici exploitée à bon escient, c’est-à-dire qu’elle s’emploie toujours à enrichir la subjectivité et l’intériorité propre du sujet spectateur.

Cette pièce symbolise la chute lente et inexorable d’une héroïne, à la fois haïe et admirée car ambivalente et fascinante. Bref, Phèdre éprouve une profonde animadversion envers l’amour (en tant qu’amour ouranien). Elle est atteinte d’un terrible mal ou plutôt d’un défaut dangereux et incurable : une passion, une sorte de crise passionnelle interne que l’on pourrait qualifier d’incestueuse. Une passion de force acéraine dévore Phèdre comme la rouille ronge le fer. Éros parvient à gagner l’intériorité de l’héroïne et mènera Phèdre à sa perte la plus certaine, à sa mort (Thanatos). Conséquemment les thèmes de l’amour et de la mort sont intrinsèquement liés dans cette pièce d’une grande qualité, le désir étant considéré comme une âpre et secrète souffrance, comme un amer délitement du Beau, l’amour étant envisagé comme une terrible et même répréhensible affection des facultés mentales et physiques provoquant une véritable scission de l’individu ou même pire que tout cela, un manque à jamais inassouvi.

Zac Egs

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A possible perusal of Flaubert’s Parrot

Flaubert’s Parrot, written by the well-known and prolific author Julian Barnes and published in 1984, can easily stand for a kind of masterpiece. Out of hand we can notice that the main protagonist and the narrator of this book are the same person namely Geoffrey Braithwaite. Furthermore what we can observe quite easily is the fact that the author managed to build a mixture of true elements of Gustave Flaubert’s life and meretricious or invented elements such as the existence of Geoffrey Braithwaite as a way of example. And despite this strange albeit enthralling mixture he managed to build a strong plot. Of course we know that Julian Barnes fancies Flaubert’s works. Accordingly, this author frequently refers to Flaubert’s great ideas and deep thoughts. Thus we will try to adduce a possible perusal of this enticing book. We will attempt to unveil the cult of Flaubert and find the philosophical intent of the author.

We all know that Julian Barnes truly admires Gustave Flaubert but how ? That the narrator has Flaubert’s vision of life, the same pessimistic aspect, the same anger against himself and also against the society (like Balzac) is clear and even obvious : “Books are not life, however we might prefer it if they were”. What we can add is that the tone of the book is particularly ironic, something which is also thoroughly true in Flaubert’s novels. Flaubert adamantly criticizes his own characters in his books (see L’Education sentimentale). That is why we can aver that an intense disparagement of life haunts or rather pervades the deep mind of the narrator. This process can be compared to a kind of annihilation of the author through his writings. “The artist must manage to make posterity believe he never existed” is a pivotal sentence that needs to be explained properly. We can construe this sentence as follows : it means that Flaubert enters a kind of legendary dimension and could be followed as a classical pattern, at least from a literary point of view. This sentence clearly shows the influence of Flaubert’s ideology upon the mind of the narrator. (Maybe can we suggest that a similar influence guides the writer in his narrative choices ?) In other words there are several dimensions of Flaubert which are to be taken into account here : Flaubert as a simple man, Flaubert as a prolific and obstreperous writer, Flaubert as “the hermit of Croisset”, Flaubert as a thinker (Shall we say free-thinker ?), “the bourgeois bourgeoisophobe” and so on and so forth. This wide and interesting gamut symbolizes the fineness and richness of Flaubert’s works. But it would be moronic to forget the most important thing : Flaubert’s works. That is why we find much intertextuality in this book. We can highlight the fact that Flaubert is praised as a great man in this text, from a literary point of view but also from a philosophical point of view.

The philosophical quintessence of this book is not very easy to grasp because it is truly concealed through the meanders of the narration : “For the religious, death destroys the body and liberates the spirit; for the artist death destroys personality and liberates the work.” As a way of example, this sentence highlights the obvious and utter difference which exists between the concept of reason or divine fire (Noûs) and the concept of feeling or carnal fire (Epitumia). These two concepts condition this passage. Whereas the religious has a staunch proclivity to show an excess of reason, the artist has a tendency to show an excess of feeling. Whereupon we can assert that the first thinks life and the second feels life (to a certain extent of course). Nonetheless the deepness of this sentence still needs to be analyzed and can be construed as follows : the artist is not seen as entirely bad and the religious is not viewed as completely good. These two human entities are truly complementary and are able to form a kind of fierce and benevolent synthesis together. That is why it would be ludicrous to say that the first embodies the fiend and the second embodies an angel. Even if Flaubert’s Parrot does not belong to the Romantic era, we can notice that there are certain common elements : idealization of a certain lifestyle, expression of our human subjectivity, superiority or primacy of our imagination (Books) over rules (life) and so on and so forth. Thus the author has a blatant propensity to convince us that there is no loophole, that there is no way out. In short the whole book is steeped in pessimism. Then the aim of the writer is quite clear because he shows that duality is always triumphing through the antagonistic character of the relationships between the image of the spirit and the image of the body. That is why the effect exerted upon the reader’s mind is positive. It is akin to a whole process of disillusionment.

In order to conclude we can add that, inter alia, this book could be defined by two important criteria : 1) the admiration of Flaubert and 2) a true and profound philosophical and literary intent. Flaubert, as a timeless man of letters, is followed as a pivotal pattern in this book. Moreover we can argue that the pivotal character tries to convey a message of great value : the world is viewed as a dark and hopeless mixture of signs. Then this book highlights the elevated mind and inner complexity of the narrator which is thoughtful (thanks to the quotations) and quite ironic (owing to his asides) at the same time. In the end we can say that this book unveils the great knowledge and accuracy of the author. Flaubert’s Parrot is really worth reading.

Zac Egs

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La visite du blog de Paul Péret-Meyssan

La visite du blog de Paul Péret-Meyssan (http://paulperet-meyssan.blogs.sudouest.fr/) m’a inspiré ces quelques lignes que je souhaite partager : Quatre livres parus entre 2008 et 2012 (La nuit magique du sapin de Pâques, Les écureuils de mon enfance, Les ailes déployées et Tournant d’une bataille à Eisenberg), quatre façons de réécrire l’Histoire sans normes, hors du temps, et les histoires des protagonistes, entre passion retrouvée, conflits surmontés et plaisir de l’esprit libéré, de la volonté de bonheur « L’important à mon sens, est ce que l’on a vécu, ce que l’on revit, et ce que l’on vivra. ». Des hommes immuables, ouverts au présent, ancrés dans leur époque, construits par leur passé et conscients de la fin d’un monde. Les soubresauts de l’existence n’effacent pas les affections profondes et les réminiscences d’un passé qui survit aux péripéties fugaces et qui s’impose en filigrane. « Observateur, j’aime analyser et comprendre le monde qui m’entoure, cela tout en faisant parfois référence au passé et à ceux qui l’ont vécu. ». Ces livres sont « optimistes et plein d’espoir pour le futur ». L’Histoire, vécue ou rêvée, se conjugue entre passé et présent, « Le roman sert à semer de l’imaginaire dans le réel. ». Il s’agit de retrouver les sources vraies de l’Histoire, ses répercussions sur le vécu actuel, ses amertumes et ses éclairs de bonheur. "Et la vie s’écoule comme l’encre de cette plume, entre plaisirs, contraintes et destinée." Le style est comme « une respiration haletante », une musique qu’on suit jusqu’au bout du texte. Le texte appelle « un lecteur difficile », exigeant, à la mesure de ceux de Chateaubriand « Personne n’a joué comme lui du langage et des mots. ». L’écrivain ouvre une piste comme un guide discret, il « allume la lampe, au lecteur de s’en servir ou pas pour éclairer son esprit et son chemin », parce que la « [...] littérature alchimique est obscure, incompréhensible. Mais heureusement, […] elle raconte la genèse du monde à travers ce que l’homme a de plus précieux, son imagination.».

Bonne lecture à tous, ces œuvres le méritent.

Zac Egs

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